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  • Dec

    8.
    2010
  • La Suisse doit agir en matière de politique numérique!

    admin

    La campagne médiatique contre Wikileaks et son impact sur la Suisse1 nous a incité à interpeller directement le Conseil fédéral avec cette lettre ouverte.

    La plate-forme de divulgation WikiLeaks remet en question la capacité des autorités et des institutions à maintenir le secret sur leurs communications internes. Ces organisations se doivent de servir l'intérêt public, et rendre des comptes aux résidents suisses qui les financent. Or, nous pensons que l'utilisation abusive de la confidentialité nuit à l'intérêt du peuple suisse, car elle permet à l'Etat d'agir "dans le dos" de ce dernier. Une transparence accrue compliquerait grandement les abus de pouvoir rendus possible par l'usage de la confidentialité.

    Plus une société est informée des affaires nationales courantes, mieux elle pourra comprendre leur impact et leur ramifications au niveau international, et plus elle peut accéder à ces informations, mieux elle pourra s'impliquer dans les processus démocratiques. Les médias doivent pouvoir exercer leur fonction de surveillance sans entrave pour permettre la réalisation de ces trois buts. Le journalisme d'investigation est nécessaire, non pas pour révéler des secrets de manière inconditionnelle, mais pour lever le voile sur certains mensonges. C'est précisément ce type de journalisme qui a été négligé ces dernières années en raison de contraintes de rentabilité2, c'est dans ce contexte que divers activistes civils, tels que WikiLeaks, sont apparus pour combler ce manque. Ces activités sont de toute vraisemblance nécessaires à l'heure actuelle et doivent être protégées par une politique numérique réfléchie.

    Le fait de voir les gouvernements d'autres pays interférer avec notre propre paysage médiatique est des plus préoccupant. Bien que la censure des médias reste un sujet tabou, les pressions politiques et économiques en coulisses semblent monnaie courante. La Suisse doit résister aux interférences externes et rester strictement neutre. Les prestataires de service suisses tels que PostFinance ou l'organisation indépendante à but non lucratif SWITCH (responsable de la gestion des domaines .ch) seront mis sous pression3. Les événements ayant eu lieu aux Etats Unis - pressions politiques menant à la suppression de la liberté d'expression par le biais d'entreprises privées telles que PayPal, Amazon, EveryDNS et Tableau4 - ne devraient pas pouvoir se produire en Suisse. Pour toutes ces raisons, une politique numérique cohérente et sans compromis est nécessaire.

    L'équilibre entre transparence et droit à la sphère privée doit toujours être évalué en regard des responsabilités accordées. Les détenteurs de responsabilités devraient renoncer à certains aspects de leur vie privée afin de faciliter la transparence. Inversément, les personnes sans pouvoir particulier devraient voir leur vie privée protégée par un droit fondamental, n'ayant de compte à rendre à personne de par leur situation. Antérieurement à l'omniprésence des réseaux mondiaux, chacun prenait soin de maintenir une apparence soignée face au monde extérieur. Dans un monde virtuel ou les échanges d'information sont quasi-instantanés, la maîtrise de notre identité est facilement perdue, car nos données ont tôt fait d'acquérir leur vie propre. Un profil sur un site de réseautage social est facile à créer, et vos dernières photos rapidement mises en ligne. A mesure que notre identité virtuelle
    gagne en importance, des problèmes apparaissent à différents niveaux. Ou sont stockées nos données? Qui apprend à nos jeunes la maîtrise de leur identité en ligne? Qu'arrive-t-il à nos données personnelles après notre mort? Qui a accès à ces données? Les réponses à ces questions et à bien d'autres résident dans une politique numérique globale.

    Les personnes sousignées, issues du monde politique et de la société civile, appellent le Conseil fédéral à faire de la formulation d'une politique numérique une priorité. Celle-ci devra clairement prendre position en faveur de la liberté d'expression et de la liberté de la presse. Nous vous exhortons à contrer les ingérences des Etats Unis et de leur ambassadeur en Suisse5 La possibilité d'accorder un asile politique à Julian Assange, en raison de ses activités en ligne, est à considérer.

    Signataire

    • Fanti, Sébastien - Rechtsanwalt
    • Fouquet, Pascal - Präsident Piratenpartei Bern
    • Gloor, Pascal - Vizepräsident Piratenpartei Schweiz
    • Gregr, Michael - Präsident Piratenpartei Zürich
    • Lang, Josef - Nationalrat Grüne, Mitglied APK und SIK
    • Mäder, Brenda - Präsidentin Junge Freisinnige, Vorstand FDP
    • Meury, Cedric - Präsident Piratenpartei beider Basel
    • Noser, Ruedi - Nationalrat FDP
    • Simonet, Denis - Präsident Piratenpartei Schweiz
    • Wäckerlin, Marc - Gemeinderat Winterthur der Piratenpartei Schweiz
    • Wermuth, Cédric - Präsident JUSO, Vizepräsident SP Schweiz
    • Geri Müller, Nationalrat, Mitglied der Aussenpolitischen Kommission (APK-NR)
      Mitglied der Sicherheitspolitischen Kommission (SiK-NR)

     

    • Jungfreisinnige schweiz
    • Piratenpartei Schweiz
Submitted by admin on 8 December, 2010 - 02:13

Comments

  • Dec

    12.
    2010
  • Anonymous (not verified)

    Très bonne initiative,

    Très bonne initiative, j'espère que la Suisse ne suivra pas les courants actuels chez la plupart de nos voisins occidentaux !

    12 December, 2010 - 16:05